Les Etats-Unis vont détruire un satellite-espion en perdition

Un bâtiment militaire de l’US Navy va intercepter dans les prochains jours un satellite espion américain en perdition à l’aide d’un missile. Le motif officiellement invoqué est la grande toxicité du carburant utilisé par ce satellite.

Selon le pentagone, le navire modifiera temporairement la configuration de ses missiles afin d’intercepter le satellite, qui se situe en orbite terrestre basse. 

Washington invoque officiellement un grave danger de pollution si le satellite venait à s’écraser sur Terre. En effet, l’inhalation d’hydrazine est mortelle pour l’homme  à forte dose. Hors, le satellite en possède encore 500kg dans son réservoir. Les satellites d’observation militaire nécessitent plus de carburant que les satellites civils puisque leur orbite est régulièrement modifiée afin de répondre aux besoins militaires.

D’autres raisons, stratégiques cette fois, peuvent avoir motivé cette mission de destruction. Le Pentagone souhaite éviter que les débris du satellite, bijou de haute technologie dont le prix dépasse le milliard de dollars et dont les composants sont classés secret défense, ne tombent entre les mains d’une puissance étrangère. De plus, le gouvernement américain souhaite montrer sa puissance en matière de défense spatiale aux chinois. Ces derniers avaient effectué un test de tir anti-satellite il y a plusieurs mois, brisant ainsi l’hégémonie spatiale américaine et russe.

Sources: AFP et Le Figaro

le Tchad sous couvre-feu

Pour faire suite à l’article précédent consacré aux évênements récents survenus au Tchad ces dernières semaines, je relaye l’info qui est tombée ce soir en attendant d’avoir un peu plus d’informations. Selon l’AFP, Le président Idriss Déby Itno a déclaré le couvre feu sur l’ensemble du territoire tchadien à partir de ce soir minuit. Est-ce le signe que les rebelles, après avoir déserté N’Djamena, menacent d’autres grandes agglomérations du pays?

affaire à suivre…

Tchad et Darfour, deux conflits imbriqués

Il y a un peu plus d’une semaine, une colonne rebelle de plus de 300 véhicules traversait le Tchad d’Est en Ouest, sur 800km, et entrait dans la capitale N’Djamena. Ce “rezzou” a surpris la communauté internationale par sa rapidité et son succès durant les premiers jours de combat.

Pour comprendre ces développements récents de l’actualité, il faut d’abord appréhender les rapports entre le Tchad et son voisin soudanais:

Le Tchad finance et soutient plus ou moins ouvertement un mouvement de rébellion dans la région soudanais du Darfour depuis un quart de siècle. Ces rebelles soudanais soutenus par le gouvernement tchadien revendiquent la protection des minorités noires africaines présents dans l’ouest du Soudan, et plus précisément au Darfour. C’est dans cette région que la rébellion affronte régulièrement la milice arabe des Janjawids, soutenue par le gouvernement central soudanais, à Kharthoum.

Le Soudan, à travers les Janjawids, a organisé un génocide visant à erradiquer la présence de noirs africains sur son territoire. Le Darfour, région frontalière entre le Soudan et le Tchad est donc le théatre de ce conflit. Non content de tenter d’éliminer toute rebellion sur son territoire, le gouvernement soudanais héberge également lui-même d’autres rebelles, tchadiens cette fois, afin de renverser le gouvernement du Tchad à N’Djamena, dirigé par le président Idriss Déby Itno.

On assiste donc à un véritable chassé croisé entre 2 rébellions, dans lequel interviennent également l’armée tchadienne, l’armée soudanaise et sa milice janjawid.

Depuis plusieurs mois, la France a mis en place, avec ses partenaires européens, une force multinationale (la première sous la bannière de l’Union Européenne) afin de protéger les réfugiés fuyant le génocide perpétré au Darfour par le Soudan et sa milice janjawid. Le déploiement de cette force devait intervenir la semaine dernière…

Les rebelles semblent avoir eu pour “consigne” de mettre un terme à ce déploiement, qui gênerait durablement l’action du Soudan dans la région, en mettant en place un régime pro-soudanais au Tchad.

Cela nous amène au 31 janvier dernier, lorsqu’une colonne de 300 pick up toyota rebelles ont traversé le Tchad d’est en ouest, de la frontière soudanaise à la capitale N’Djamena, en prenant aupravant la localité de Massaguet (voir plan ci-dessus). Simple question: comment une colonne “militaire” aussi importante a t’elle pu échapper au renseignement de l’armée tchadienne, aux mirages F1 d’observation de l’armée de l’air française et aux satellites d’observation militaire occidentaux, censés s’intéresser de près au génocide du Darfour, région d’où viennent justement ces rebelles? Cela nous paraît impossible. Cela voudrait dire que le président tchadien aurait délibérément laissé les rebelles entrer dans la capitale de façon à les prendre au piège, avec l’appui de l’armée française.

En effet, Paris et N’Djamena sont liés par un accord de défense depuis près de 40 ans. Depuis, la France dispose d’une présence militaire permanente au Tchad, mettant l’ensemble de l’Afrique du Nord à moins de 2 heures pour ses avions de chasse et à moins de 3 heures pour ses forces spéciales. En contrepartie, le gouvernement français doit apporter un soutien logistique (notamment d’assitance médicale) et de renseignement militaire auprès de son hôte tchadien.

A l’approche des rebelles, les forces françaises ont logiquement regroupé la plupart des ressortissants français et occidentaux, dont elles sont chargées de la protection, sur l’aéroport de N’Djamena, qui se situe à moins de 4km du palais présidentiel. Le piège du président tchadien, réfugié dans son palais, consistait à pousser les rebelles à la faute. Pour eux, marcher sur le palais présidentiel nécessitait de marcher également sur l’aéroport, d’où décollent les hélicoptères de combat de l’armée tchadienne. Or les français ne voudraient  jamais laisser l’aéroport tomber aux mains des rebelles puisqu’il constitue leur seule porte de sortie.

En épilogue, sous le feu des hélicoptères et des chars T35 de l’armée tchadienne, et coupés de leur approvisionnement, les rebelles ont dû évacuer N’Djamena et s’enfuir dans une zone hors de portée de l’aviation loyaliste. Ils se sont donc repliés à environ 200km de la capitale. Selon certaines sources, ils auraient été rejoints par des renforts venus du Soudan. Depuis maintenant une semaine, on assiste à une sorte de statut quo entre les deux parties, et le moindre mouvement de la colonne rebelle est observé par les avions de reconnaissance français.

Le Tchad pourra t’il retrouver une certaine stabilité si les rebelles contrôlent une partie du pays? La France, qui a permis au président Déby Itno de rester au pouvoir, va t’elle lui demander de faire dorénavant d’importants efforts sur les droits de l’homme? Que sont devenus les opposants politiques arrêtés pendant les combats à N’Djamena par le gouvernement, car accusés d’avoir noué des contacts avec les rebelles?

Crédits Photos satellite et Cartes: Google Maps 2007

En 2012, l’armée française aurait son “Pentagone”

Le gouvernement envisage de regrouper l’ensemble des Etats-Majors du Ministère de la Défense au sein d’un Pentagone “à la française” dans le XVème arrondissement de Paris afin de réduire les coûts, optimiser la chaine de commandement et privilégier l’équipement matériel des armées.

Aux Etats-Unis, le Ministère de la Défense ainsi que les Etats-Majors des 3 armes (Terre, Mer, Air) sont regroupés dans un seul et même bâtiment, le Pentagone (sur le plan ci-dessous tout en bas à gauche). Situé à Arlington dans l’Etat de Virginie (et non à Washington dans le district de Columbia), il se trouve néanmoins au sein de l’agglomération de la capitale fédérale américaine et à seulement 2 ou 3 kilomètres de la Maison Blanche, juste sur l’autre rive du fleuve Potomac (sur le plan ci-dessous au nord de la pelouse en forme d’ovale -apellée l’Ellipse). Inauguré le 15 janvier 1943, il est depuis le plus grand immeuble de bureaux du monde, et 26000 personnes y travaillent chaque jour. Il représente désormais la puissance militaire américaine et constitue l’un des plus importants centres décisionnels du monde.

Le Pentagone, Arlington, Virginie (USA)

En France, le Ministère de la Défense et les Etats-Majors ne situent pas sur le même site. Le premier se trouve à l’Hôtel de Brienne, rue St Dominique à l’emplacement de l’ancien Ministère de la Guerre. L’Etat Major de la Marine Nationale est quand à lui situé place de la Concorde, occupant l’Hôtel de la Marine. L’Etat-Major de l’armée de l’Air et la Délégation générale de l’Armement se trouvent au sein de la Cité de l’Air, sur le site de Balard. l’EMAT (Etat Major de l’Armée de Terre) se trouve quant à lui sur un quatrième site à Paris. Il existe donc de nombreux doublons administratifs, et la chaîne de commandement s’en trouve moins efficace qu’outre Atlantique. Il serait donc extrêmement logique de regrouper toutes ces composantes dans un super-ministère de la défense, un “pentagone” à la française. C’est ce que préconise le président Sarkozy, suivant ainsi les recommandations de son ministre de la défense M. Morin, afin de réduire la part de l’administration dans le ministère et de privilégier l’équipement des armées.

Cependant, il ne faut pas sous-estimer l’attachement des marins à l’Hôtel de Brienne, bâtiment symbolisant à lui seul l’Histoire des forces navales françaises. L’Hôtel de Brienne est lui aussi un haut lieu historique, avec notamment l’ancien bureau du Général de Gaulle. Or il est prévu de construire ce pentagone français sur le site de Balard, dans le XVème arrondissement de Paris, à la place de la Cité de l’Air actuelle. L’Etat affirme y posséder entre 5 et 8 Hectares de terrain, ce qui n’est plus tout à fait vrai depuis l’arrivée du tramway T3 dans le quartier. La cité de l’Air à Balrd (Paris XVème)

Comprimé entre le boulevard périphérique au sud, le boulevard Victor au Nord, l’Avenue de la porte de Sèvres à l’Ouest et le parc expo de la porte de Versailles à l’Est, il est effectivement difficilement envisageable d’y construire un immeuble abritant les 5000 militaires du Ministère de la Défense autrement qu’à la verticale. Un immeuble de 25-30 étages serait malheureusement plus vulnérable à une attaque terroriste qu’un immeuble plutôt bas comme le Pentagone américain. Les Attentats du 11 septembre n’ont fait que l’endommager souvenez-vous. Une tour de bureaux aurait été détruite, à l’image du world trade center….

L’armée disposant d’un gigantesque Terrain autour de l’aérodrome de Vélizy Villacoublay, en banlieue sud-ouest de Paris, ne serait-il pas judicieux de construire un bâtiment plus grand, plus résistant et mieux protégé là-bas?  De plus cela renforcerait le pôle militaro-industriel du sud ouest Parisien (Giat Industries & QG du GIGN à Versailles Satory, EADS à Vélizy, Ecole Militaire de St Cyr, aérodrome militaire de Villacoublay…). Nicolas Sarkozy l’a affirmé: quoi qu’il arrive, à Balard ou pas, la France aura son Pentagone à l’horizon 2012…

Edito 2007

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Après de bonnes vacances méritées en Espagne, je reprends progressivement ma fonction de “rédacteur en chef” de ce blog géopolitique. L’actualité géopolitique très chargée de cette rentrée va me permettre d’écrire de nombreux articles, qui je l’espère vous donneront l’envie de comprendre davantage comment fonctionne le monde politique aujourd’hui. Doit-on résumer la situation globale actuelle comme un affrontement idéologique entre les occidentaux et le reste du Monde? Y a t’il un choc des civilisations en gestation entre les pays chrétiens et les pays musulmans? Les Etats-Unis pensent-ils réellement remodeler le “Grand Moyen Orient” à leur guise? Pourquoi la Russie et la Chine s’allient systématiquement avec les dictatures (Soudan, Iran, Corée du Nord, Birmanie, Biélorussie…)? Voici les grandes questions de cette rentrée 2007 auxquelles je vais tenter d’apporter un éclairage.

Bien évidemment, même si mon objectif sur ce blog est de tendre vers l’impartialité, il est de toute façon impossible d’écrire un article sans exprimer un point de vue personnel. Je vais donc m’efforcer d’essayer d’exposer les points de vue des différents acteurs de la scène politique mondiale avec une exception logique: on ne peut pas comprendre ni les terroristes ni les dictatures qui méprisent la vie et la dignité humaine. Je sais parfaitement que les sujets politiques suscitent souvent des commentaires aggressif, voire haineux, et je continuerai donc de ne publier vos réactions qu’après validation par mes soins. En tant que lecteur de ce blog, vous souhaitez bien sûr pouvoir lire des réactions constructives et des remarques intelligentes. Je vous prie enfin de me corriger si je commets des imprécisions malheureuses dans mes articles. Je vous remercie de votre fidélité.

Laurent Huet

Cyber Attaque contre le gouvernement français

Cet été, plusieurs attaques informatiques “avec passage par la Chine” ont eu lieu. Leur cible: les réseaux informatiques de l’Etat Fédéral Allemand, du gouvernement anglais, du Pentagone (Ministère de la défense US) et enfin, du gouvernement français. D’après le président Nicolas Sarkozy, qui n’a pas précisé si elles avaient réussi et causé des dommages, ces attaques ont franchi de nombreuses barrières de sécurité, et estime qu’elles ne sont pas l’oeuvre de surdoués informatiques basés à Hong Kong. Ce dernier pense que ces cyber attaques sont le prélude à une opération de plus grande ampleur et demande aux services spécialisés français, qui dépendent directement de Matignon, de se préparer à une telle éventualité.

Quel pourrait être le but de ces attaques? L’APL (Armée Populaire de Libération ~ Armée chinoise) est-elle derrière ces attaques? Comment protéger nos infrastructures? Voila ce que les services de renseignement occidentaux devront découvrir au plus vite…

Birmanie : Le Temps de la Répression

Après des violations massives des droits de l’homme et plusieurs milliers de morts en Birmanie, la communauté internationale peine à trouver un accord sur des sanctions à l’encontre de la junte au pouvoir. Les observateurs étrangers ont actuellement difficilement accès à la population en proie à une répression sans précédent depuis la fin des années 80 et le pays tout entier se voit recouvert d’une chape de plomb.

Depuis plusieurs années, la crise couvait en Birmanie, pays dirigé d’une main de fer par une junte militaire depuis plus de 45 ans. En effet, malgré les importants bénéfices que le pays tire de ses nombreuses ressources naturelles (pétrole, gaz, bois, cuivre, argent, or, plomb, saphirs, rubis,…), la moitié de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. La junte a confisqué l’ensemble des richesses pour son propre profit. Cette année, le pouvoir d’achat des birmans s’est effondré (il s’est grosso modo divisé par 2) et c’est cette situation qui les a poussés dans la rue à l’appel des moines boudhistes, très nombreux dans le pays. Ce sont justement ces moines, dont le nombre est tellement important qu’on les apelle l’armée safran, par référence à la couleur de leurs vêtements, qui ont constitué le fer de lance de ce grand mouvement contestataire, parti des grands temples boudhistes de l’ancienne capitale, Ranggoun.

Dès le début de ces manifestation, sans ampleur depuis 1990, la communauté internationale s’est inquiétée des représailles qu’allait mettre en place la junte birmane. Le conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour mettre au point des sanction à l’encontre des dirigeants birmans au cas où il y aurait violation des droits de l’homme. Cependant, la Chine s’est opposée à l’idée même de sanction à l’encontre de son allié birman. Une fois de plus, la Chine affiche publiquement son soutien à une dictature sanguinaire; elle avait déjà bloqué l’ensemble des résolutions visant le Soudan, impliqué dans un véritable génocide contre une partie de sa population au Darfour.

Les représailles de la junte militaire birmane ont consisté à arrêter la plupart des moines boudhistes impliqués dans les manifestation afin de les torturer et les décourager de manifester à nouveau. Officiellement, le gouvernement avoue qu’il y a eu quelques morts parmi les manifestants, arguant de leurs “provocations” et de leur “indiscipline”. Officieusement, il s’agirait en réalité de plusieurs milliers de morts selon les ONG. Parmi les opposant réfugiés à la frontière thaïlandaise et à en Europe, le bruit court que de nouveaux massacres sont en préparation dans le pays afin de “mater” une fois pour toute cette rébellion.

La communauté internationale a t’elle un droit d’ingérence dans les “affaires intérieures” birmanes? La France et les Etats-unis ont-ils raison de tenter d’imposer des sanctions contre la Birmanie à l’ONU? La Chine peut-elle légitimement s’y opposer? Quels moyens de pression a-t’on contre le régime militaire birman sans que cela ne touche la population victime de l’oppression? La firme française TOTAL devrait-elle cesser ses activités en Birmanie?

Laurent HUET

Rabat fait ses courses à Paris

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Sarkozy, Maroc, Mohamed VI, M6, Contrats, VisiteLa visite officielle de Nicolas Sarkozy au Maroc a permis à la France de signer pour 3 milliards d’Euros de contrats commerciaux, avec notamment la construction d’une ligne TGV entre Tanger et Casablanca, la construction d’une centrale nucléaire et la livraison d’une frégate militaire multi-missions au royaume chérifien. Un bon moyen pour le Maroc d’obtenir le soutien de la France face à l’Algérie sur la question du Sahara Occidental. Le Rafale, lui, reste invendu à l’étranger.

Cet été, le président de la république nouvellement élu Nicolas Sarkozy avait fait le choix d’une grande tournée en Afrique pour resserrer les liens de la france avec ses anciennes colonies.
La décision de commencer par une visite officielle en Algérie et de terminer la tournée en faisant une simple halte à Rabat avait mécontenté nos amis marocains. Ils avaient évoqué le souhait de faire de leur pays un interlocuteur privilégié de la France au Maghreb au détriment de l’Algérie. Ce fut chose faite cette semaine avec la visite officielle de Nicolas Sarkozy chez le roi Mohamed VI, où de nombreux contrats commerciaux et technologiques ont été signés entre les deux gouvernements.

TGV, Maroc, contratRabat l’avait souhaité, Paris l’a fait! Des TGV seront vendus au Maroc pour équiper la ligne Tanger Rabat Casablanca Marrakech à l’horizon 2012. Il s’agit d’un méga contrat liant Alsthom et RFF à l’ONCF, l’office des chemins de fer marocains pour l’équipement des voies et des gares, la fourniture des rames, la formation des conducteurs.

Le nucléaire civil n’est pas en reste avec la signature d’un protocole attribuant à la France la construction d’une centrale nucléaire à Safi (sud-ouest du pays) pour répondre à la demande grandissante en électricité des marocains.

Paradoxalement, la France devra se contenter de livrer via la DCNS, une frégate militaire multi-mission, sur le modèle de celles qui équipent déjà la marine française, à défaut d’avoir pu lui vendre l’avion de chasse ultra-moderne Rafale. Trop perfectionné et trop cher, le Rafale a été écarté de l’armée de l’air marocaine au profit du F16 américaine, moins onéreux et dont la promotion commerciale était plus cohérente. Le Rafale reste toujours, pour le moment, invendu à l’étranger. Il est pourtant un modèle de technologie militaire, parfaitement adapté pour des missions de reconnaissance, de bombardement et de chasse. Nicolas Sarkozy  va réfléchir à la création d’une agence spécialisée pour soutenir les exportations stratégiques françaises en matière d’armement et de technologie.

Au total, ce seront plus de 3 milliards d’Euros que le Maroc va débourser pour poursuivre sa modernisation, et espérer devenir un partenaire spécial de l’Europe au même titre que la Turquie.

Une question se pose: Le Maroc est-il assez stable politiquement pour lui confier la technologie nucléaire, même si elle est civile? Ce pays peut-il devenir un exemple à suivre pour l’Iran en matière de coopération avec l’occident? Comment nos exportations stratégiques peuvent elles lutter contre le rouleau compresseur commercial américain?

Laurent HUET